Odilon Assou, Le Cinéaste Qui A Représenté Le Bénin A Durban

Le travail artistique de Odilon Assou, s’inscrit dans la lignée de ces jeunes talents dont l’intention consiste à réinventer la roue séculaire (et souvent stéréotypée) des métiers de l’art au Bénin. En quête de renouvellement constant, Odilon Assou propose, à travers le dessin animé, une autre perspective du septième art béninois mais aussi un autre positionnement. La preuve réside dans sa présence de plus en plus croissante à des rencontres clés du genre. Comme ce fut le cas récemment, au Talents Durban. Occasion pour Odilon Assou, qui est mû par un besoin de se surpasser continuellement, d’enrichir son parcours, de partager ses aspirations de se découvrir, de découvrir d’autres acteurs du milieu à l’international et d’entrevoir de nouvelles possibilités. A l’issue de son voyage, le cinéaste, a accepté nous faire revivre cette expérience.

Odilon Assou à Durban

Odilon Assou à Durban/Facebook

ODILON ASSOU : QUAND ON ANNONCE LA SELECTION OFFICIELLE

La joie ! Même si elle était contenue tout de même !

Il faut dire qu’entre avril et juin 2019, j’ai envoyé le projet « LE PARCOURS », à plusieurs appels à proposition de projet. A préciser que « LE PARCOURS » est un court-métrage d’animation en développement à l’atelier de formation en techniques de réalisation de dessin animé 2D et 3D. Si j’ai bonne mémoire, le processus de soumission du projet au programme Talents Durban était le plus long et le plus « gourmand en demande d’informations » qui doivent être fournies en anglais. J’y suis arrivé au bout de plusieurs journées. Une fois l’inscription du projet acceptée, je suis passé à autre chose.

Puis, quelques temps après, j’étais avec mon père quand j’ai reçu le mail de Talents Durban. Evidemment j’étais fébrile. Mais dès que j’ai appris que le projet a été sélectionné pour participer à l’édition 2019, intérieurement c’était la grande joie. Sauf qu’il était précisé dans le mail qu’il ne fallait pas encore répandre la nouvelle avant que le festival même ne le fasse. Alors, je me suis contenté de sourire, puis j’ai dit :

– Papa, je vais en Afrique du Sud.
– Le projet a été accepté ?
– Oui, ils viennent de me le notifier.
– Toutes mes félicitations !

Ensuite, j’ai informé M. Jean-Pierre Tardivel, l’initiateur de l’atelier de Ouidah. Et aussi mes camarades de l’atelier de formation. J’ai également informé Cornelia Glèlè (à qui j’adresse toute ma gratitude), qui a participé à l’édition 2018 de Talents Durban. Elle m’a été d’une aide précieuse dans la préparation de mon voyage sur Durban Kwazulu-Natal en Afrique du Sud. Je n’avais qu’une image de cette ville en tête à ce moment-là. Celle de son terrain de foot que j’ai vu en 2010 à la téloche pendant le mondial de foot. J’avais hâte d’en découvrir plus et pour ça, fallait encore patienter cinq (5) semaines.

ODILON ASSOU A DURBAN : LA VILLE ET SES DECORS

La claque ! La grosse claque !

Odilon Assou dans la ville de Durban

Odilon Assou dans la ville de Durban

Le jour du voyage j’étais un peu stressé. Je devais prendre 3 différents vols. C’est trop pour un baptême de l’air (sourire) !  L’avion a décollé le 16 juillet à 14h et je suis arrivé à Durban le 17 à 7h. Pendant mon escale à Johannesburg, j’ai rencontré une personne merveilleusement formidable (Oui oui ! J’ai le droit d’amplifier mon compliment. Atileb’art m’a donné le feu vert).

Il est camerounais et s’appelle Claye Edou. Réalisateur de film d’animation, son projet « Le mystère de Waza » a été aussi retenu pour participer au Talents Durban. En plus, lui, il avait son premier long métrage « Minga et la cuillère cassée » en compétition au Durban International Film Festival.

Nous avons fait ensemble le vol de Johannesburg pour Durban. Déjà j’ai été très impressionné par les différents aéroports de Johannesburg à Durban en passant par Kigali. Vivement Glo-Djigbé chez nous !

Marine Parade Hotel by Odilon Assou

Marine Parade Hotel by Odilon Assou

Dans le hall de l’aéroport de Durban, nous attendaient déjà, des membres de l’organisation du festival qui nous ont conduits à notre hôtel. Le Garden Court Marine Parade, un complexe d’une vingtaine d’étages situé au bord de la mer. De ma chambre au 19ème, je pouvais contempler le lever et le coucher du soleil, voir l’océan indien qui s’étend à perte de vue, entendre les enfants hurler de frayeur ou de plaisir dans les manèges du parc d’attraction juste en face… C’est juste inoubliable.

Durban est une ville très propre. C’est fou. Une très belle architecture, de très beaux bâtiments, des véhicules propres, c’est mieux que je vous montre des photos.

ODILON ASSOU REDESSINE LES COURBES DU FESTIVAL

Oui ! Durban est une très belle ville mais on n’était pas là pour faire du tourisme. On avait chacun un projet à défendre et un programme à suivre. Tout a donc commencé dans la soirée du 17 juillet au dinée introductif.

Odilon Assou & les 7 cinéastes sélectionnés pour le Talents Durban

Odilon Assou & les autres cinéastes sélectionnés pour le Talents Durban

Etaient présents tous les talents, les mentors, les participants à Durban Filmarts et les participants au Durban International Film Festival. C’était le moment des premières prises de contact, d’échanges à propos de tout et de rien. Mais surtout de bouffe.

Les organisateurs du Durban Filmarts et du Durban International Film Festival, qui se tiennent simultanément, nous ont été présentés.

Les jours qui ont suivi, nous avons eu droit à différentes conférences sur des thématiques propres à la production audiovisuelle. Suivies de panels animés par des personnes de haut niveau et de qualité.

Aussi, nous avons assistés à la cérémonie d’ouverture, regardés des films, eu des échanges en tête à tête chaque jour avec nos mentors. Et je peux vous dire que ce n’était pas simple pour le francophone que je suis à cause de mon bad english level.

Vous voyez, je me mets au pas-là (rires).

ODILON ASSOU FACE A L’ANGLAIS

C’était chaud ! Vraiment hot !

Honnêtement, je n’ai pas réussi à tout capter pendant les panels et les storylabs. Heureusement qu’il y avait des amis francophones comme Claye, Ines Arsi et Samantha Biffot qui se faisaient un plaisir de m’expliquer tout ce que je n’avais pas compris. J’ai aussi eu la chance d’avoir, en plus de Claye dans ma section, Naomi Van Niekerk, une sud-africaine qui s’exprime en français. La grosse difficulté d’interaction était avec mon mentor Danny Rose. Lors de nos échanges en tête à tête, Google traduction a été d’une très grande utilité pour nous.

Odilon Assou & son groupe d'animation à Durban Talents

Odilon Assou & Sa Section au Talents Durban

Cela dit, ce n’est pas pour la première que je pitch ce projet en anglais. Je l’avais déjà fait en vidéo pour DISCOP ABIDJAN un peu plus tôt cette année. Donc je savais déjà en gros ce qu’il fallait dire et m’étais déjà préparé aux éventuelles questions. Il ne me restait plus qu’à réactualiser en fonction des remarques faites par mon mentor. C’était très stressant.

Je n’avais plus que ça en tête. Je m’attendais à un pitch face à un public et un jury comme ce fut le cas aux Rencontres Africaines du Film d’Animation, à Ouagadougou. Sauf qu’il s’agissait plutôt, d’une série de 6 tables rondes de 30 minutes. Animée par nos mentors entre 10h et 13h. Ce 22 juillet-là, a été mémorable pour moi. Nous avions chacun et à chaque table ronde, 3 minutes, pour présenter brièvement nos projets et, 7 min pour répondre aux questions des personnes qui viennent à chaque fois s’asseoir à notre table.

Ce sont généralement des réalisateurs, des distributeurs, des producteurs ou juste de simples curieux. Dans mon cas, j’ai à chaque fois fait mes présentations en montrant les petites animations que nous avons réalisés à l’atelier de Ouidah. Puis, mon mentor en prenant la parole, faisait des compléments techniques à propos de ma présentation. Avant que je ne réponde par la suite, aux questions qui m’attendaient. C’était enrichissant mais chaud quand même !

ODILON ASSOU JUSQU’AU BOUT DU RIDEAU

C’est passé trop vite ! Ça passe trop vite ! A la fin, tu es envahis par un sentiment de nostalgie. Et c’est exactement ce que j’ai ressenti, au moment de me séparer des personnes avec qui j’ai partagé cette merveilleuse aventure…

Selfie Odilon Assou à Durban Talents

Odilon Assou & Inès Arsi à Talents Durban/Facebook

Je garde de très beaux souvenirs de ces moments. Mieux : je me rends compte, à quel point je suis privilégié. Je souhaite vivement que beaucoup d’autres béninois aient la chance de participer à des programmes du genre. Pour enrichir leur carnet d’adresses et faire connaître davantage le pays.

Petite anecdote d’ailleurs. Quand je me suis présenté en mentionnant que je viens du Bénin, beaucoup de personnes étaient presque ébahis. Ils m’ont même dit que c’était la première fois qu’ils voyaient un béninois de leur vie. Ca montre à quel point c’est important de sortir et de dévoiler le pays au monde. En tout cas, je leur ai répondu que j’espère que ce ne sera pas la dernière fois.

Odilon Assou en création

Odilon Assou en création

Pour ma part, participer à ce programme m’a permis d’échanger avec plusieurs personnes au sujet du projet « LE PARCOURS ». Ce qui m’a servi à collecter différents avis pour l’améliorer. Cette participation a aussi favorisé la rencontre d’un potentiel distributeur qui nous accompagnerait dans la distribution du film une fois bouclé. Nous allons nous y consacrer pleinement, à l’atelier de formation ‘’ DU DESSIN ANIME A OUIDAH ’’. Bien sûr, tout en travaillant également sur notre projet de série animée ” Zloopi & Dito “ dont vous entendrez parler bientôt.