Le Street Art, de par son essence d’art urbain, dans les villes africaines, transcende, et (dé) construit bien souvent les mythes de transgression sommaire, et de vandalisme. Il tend à jouer un rôle prépondérant dans les réflexions autour des problématiques sociétales touchant toutes les couches de la population, du ‘’bourgeois agacé’’ au ‘’kid émerveillé’’. Ainsi, les murs africains, écorchés, marqués de lettrages, et de personnages racontent-ils d’abord l’Afrique en puissant dans les traits caractéristiques des peuples qui la peuplent. En outre, les attributs des cultures africaines qui prennent leurs ferments dans les symboles, les iconographies, et autres référents visuels / ‘’auditifs’’ se (re)trouvent au cœur des Street-créations qui émanent. Déjà, on ne se limitera plus au marquage spatial ou au dessein de transfiguration de l’existence du Street Artiste dans la cité, mais on notera l’abondance de gestes visuels sensibilisateurs, et cognitifs ; les références aux patrimoines culturels africains y seront donc récurrentes. S’inscrivant dans cette veine, l’acte 7 du Festival Effet Graff propose une réflexion sur le thème : Le bénin : patrimoine et potentiel.

festival effet graff 7 : Noukpo, by Amazone 1.0/ Photo par Komy Thomas
Noukpo, by Amazone 1.0/ Effet Graff 06 / Credit Photo : Komy Thomas 2020

Effet Graff, un festival pionnier en Afrique Francophone

Organisé par l’Association Senan Street Art (ASSART) sous l’initiative de Laurenson Djihouessi, Effet Graff est parti de l’idée de rendre hommage aux figures emblématiques qui ont marqué l’histoire du Bénin, de l’Afrique et du monde ; participer à l’esthétique de la ville par l’illustration d’images fortes ; sensibiliser le public sur la protection de l’espace urbain. C’est un festival annuel qui convie graffeurs, plasticiens, musiciens, danseurs, photographes, vidéastes et néophytes du mouvement hip-hop pour échanger et améliorer leur cadre de vie autour des arts urbains. Il prône l’expérimentation profonde du graffiti en tant que moyen d’expression pour un échange culturel équitable et une prise de conscience unanime sur son rôle en tant que facteur de stabilité sociale et d’échanges entre les communautés.

Une 7 ème édition axée sur les notions de patrimoine, et d’identité.

Au-delà de la promotion des expressions urbaines, Effet Graff est aussi l’occasion de connaître les peuples et leurs cultures, d’aborder les problématiques de fond, source de lien et d’inspiration entre les artistes et le public. C’est à dessein que la 7 ème édition de ce festival, qui se déroulera du 12 au 15 février 2021 à Cotonou, aborde la thématique du patrimoine béninois, et des potentialités dont il peut regorger. Il sera question pour les artistes participants de retracer l’histoire du Benin et des peuples du Bénin. D’emblée, Effet Graff 7 sera-t-il une immersion profonde de ce qui a fait et constitue l’histoire, l’identité et le patrimoine du Bénin, et d’en ressortir les potentialités et perspectives. En tant que festival consacré au Street Art, il se propose de faire connaître, d’embrasser, de protéger et de diffuser le patrimoine béninois, par les différentes formes d’expression des arts urbains.

Situé en plein centre-ville de Cotonou ; le Mur de Cotonou d’une superficie totale de plus de 2000 mètres carrés sur une distance de 940m est le plus long mur de graffiti en Afrique et le troisième plus long graffiti au monde après ceux de Dubaï et du Brésil accueillera le festival. De même, cette 7 ème édition verra-t-elle la présence de street artistes de renommée internationale comme Edmum PDF du Brésil, Sitou de la France, Heta One de la Suisse, Mazdoo Fall du Sénégal, Bankslave du Kenya, Moh Awudu du Ghana…

La Rédaction

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