Daniel ABIDJO, et Sanne MOLENAAR sont les commissaires de l’exposition temporaire : « Le coronavirus, un salut pour l’humanité », consacrée au plasticien béninois Paterne DOKOU que L’Art Galerie accueille depuis le 06 mars 2021. Traitant des externalités positives de la pandémie du Covid-19, cette exposition entend également mettre en exergue les changements de paradigmes auxquels les humanités ont été enclines. Nous en débattons davantage avec Daniel ABIDJO, et Sanne MOLENAAR.

 

 « Jadis, l’Etat, la religion et la culture étaient considérés comme des facteurs susceptibles d’influencer profondément l’histoire. Mais, c’est sans compter les maladies qui, de tout temps, ont déteint sur les annales de l’humanité. L’imaginaire collectif n’a souvent retenu que le côté négatif de ces pandémies qui, on en convient tous, ont causé plus de torts que de bonheur ». Quels desseins portent les premières phrases du prologue de l’exposition dont vous assurez le commissariat ?

Ces mots sont inspirés de l’ouvrage Considérations sur l’histoire universelle de Jacob Burkhardt qui considère l’État, la culture et la religion comme les trois facteurs fondamentaux susceptibles d’influencer considérablement histoire. Mais l’histoire a démontré que bien de facteurs tels que les maladies peuvent également bousculer l’ordre de l’humanité. Et c’est bien le cas actuellement avec le Covid-19.

Auriez-vous quelconques appréhensions quant à l’année 536 de notre ère ?

L’année 536 ne fait que renforcer l’idée défendue dans les premières phrases du prologue même si je pense qu’il ne faut pas toujours comparer les époques.

Dans le cadre de cette exposition, « Le coronavirus, un salut pour l’humanité », quels ont été vos partis esthétiques, et théoriques ? La scénographie y répond-t-elle?

Nous avons essayé de faire un recoupement chromatique et thématique. En ce sens, nous avons dégagé trois thématiques suivant les interprétations iconographiques et iconologiques de la production puis nous avons fait un rapprochement chromatique. Les œuvres ont été ensuite harmonisées avec l’environnement de la galerie.  Certaines œuvres qui n’entraient pas trop dans le champ de la thématique de l’exposition ont été écartées.

Outre vos partis pris esthétiques, et théoriques qui nous renseigneraient quant à la ligne artistique de cette exposition, nous voudrions savoir la place qu’occupent ou qu’ont occupé les notions de transgressions, ou de subversions dans le choix des œuvres?

Tout est subversif et transgressif dans cette exposition. Le contexte et le thème de l’exposition sont explicites à ce sujet. Déjà la pandémie qui vient bouleverser l’ordre normal des choses et ensuite le thème l’ordre normal des idées. Et c’est justement cette thématique qui a guidé le choix des œuvres.

 

L’art a-t-il toujours cette vocation à traiter des maux qui minent nos sociétés ? A quelle note d’intention répond les œuvres de cette exposition qui traite des externalités positives du Coronavirus?

Le rapport de l’art à la société est très important puisqu’il n’existe pas en dehors de celle-ci. On dira donc que c’est dans ses attributs d’apporter de nouvelles réflexions sur les maux qui minent nos sociétés. Et c’est dans cette logique que s’inscrivent les œuvres exposées.

Présentez-nous les différentes sections de l’exposition?

L’exposition se déploie sur trois sections. La première est le côté social et les effets sociaux du Covid-19 dans tout sens. La deuxième serait la nature et l’écologie. La troisième la tradition et la religion, autrement dit le côté spirituel.

Pourquoi visiter cette exposition ? Que nous apprend-t-il de nos rapports à la pandémie, et à la résilience ?

Le discours est nouveau et porteur espoir. Il faut savoir tirer du positif de toute situation pour avancer et nous croyons qu’au-delà d’une simple réflexion c’est un message d’espoir que Paterne Dokou nous apporte.

 

La Rédaction

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Auteur La Redaction