Sur place, Les Echos de Lobozounkpa se mettent en place

Le Centre veut renforcer son rôle fédérateur. C’est par cette impression saisissante, que deux piliers de cet espace artistique, Marion Hamard (la directrice, ndlr) et Carolle Adriana Ahodekon (la responsable à la communication, ndlr), nous introduisent dans la singulière démarche du Festival qui clôture leur (s) année (s) d’activités.

Bannière Festival Les Echos de Lobounzounkpa

Bannière Festival Les Echos de Lobozounkpa

A les entendre, il a fallu l’audace de ceux qui refusent de se presser, de ceux qui désirent faire mieux plutôt que faire le plus possible ; pour se décider à changer la périodicité des Echos de Lobozounkpa. C’est ce qui donne à leur choix de thématiser chaque édition, toute sa densité.

Et donc, partir d’une fréquence annuelle, à une présence bisannuelle, constitue déjà un élan de recentrement efficace. Justement, ce n’est pas qu’à ce niveau, que le Centre, veut s’acquitter du devoir de se focaliser, de se canaliser, de centraliser ses efforts, ses énergies, ses impacts multiples. Il y a également cette intention quasi-pédagogique, dans l’option d’orientation de cette troisième édition.

Programmation Festival Les Echos de Lobozounkpa

Programmation Festival Les Echos de Lobozounkpa

En questionnant les explications de la directrice, les affirmations de leurs partenaires (notamment à travers le représentant du Collectif Alia), les précisions des artistes intervenants en ce qui concerne leur implication participative ; il est perceptible que le Centre cherche à progresser par ancrage. Certes sans aucune prétention d’exclusion, mais avec une vision autocentrée qui échappe à la dispersion.

Car il s’agit pour le Centre, de planter une dynamique après s’être implanté, de faire fructifier ses implémentations après les avoir initié, de laisser se bonifier au chœur du quartier de son existence ; l’esprit de partage, de curiosité, de reconstruction de la culture de consommation, de reconsidération de l’acte et de l’action culturelle.

C’est donc sur place, dans les méandres de Lobozounkpa, dans ses coins et recoins, auprès de ses habitants, de ses enfants qui en sont le socle en terme de fidélité aux activités du Centre, auprès de ses préoccupations, à travers ses particularités ; que les artistes sont appelés à narrer leur approche créative entre immersion rhétorique et distanciation critique.

En cela, les Echos de Lobozounkpa, se veut bien vivant, étoffé sur trois jours, hétéroclite par les disciplines sollicitées mais nuancé.

Surtout, qu’au-delà des expositions qui sont l’apanage premier de cet espace artistique essentiellement consacré aux arts contemporains ; des déambulations, des projections à caractère instructif, des spectacles de théâtre, des représentations contées, des performances interactives, des ateliers de dessins avec Hector Sonon, des concerts avec Pépit’Art & les Frères Guèdèhounguè, une création originale portant sur l’histoire du hip-hop depuis ses origines jusqu’à sa métamorphose sous nos cieux et un débat de haut vol ; vont meubler le déroulement de ce festival pluridisciplinaire.

En plus, par la même occasion, le Centre prévoit de dévoiler la nouvelle allure de son Musée de la Récade rénové pour être plus expressif et évocateur. Puis de sa bibliothèque, qui aura une ossature plus idéologique, plus symbolique, et plus recherchée.

C’est dire qu’à Lobozounkpa, du 20 au 22 décembre 2019, l’art se taille in situ une cohabitation plurielle d’éclosion, avec un festival assemblant et rassemblant des talents aptes à redéfinir l’implémentation d’un lieu par le lien artistique.